En automne, le jardin change de visage : les fruits mûrs tombent au sol, les feuilles commencent à jaunir, et mes poules deviennent encore plus précieuses qu'en été. Depuis que j'en ai, j'ai complètement repensé l'organisation de mon jardin pour qu'elles y trouvent leur place sans tout ravager. C'est un équilibre délicat, mais très gratifiant. La poule peut être une vraie alliée du jardinier amateur, à condition de bien gérer les espaces dès le départ.
La poule dans le jardin, c'est tout ou rien : elle peut faire des dégâts considérables si vous la laissez aller où bon lui semble, mais elle peut aussi rendre d'immenses services si vous maîtrisez les zones. Si vous êtes sensible à la permaculture, la poule devient même un atout dans un jardin. Il faut simplement bien délimiter les espaces avec un enclos et du grillage adapté pour que les poules cohabitent avec vos légumes sans les dévaster. Pour les enclos, j'en parle en détail ici : /enclos.
Quel espace prévoir pour les poules dans le jardin ?
Je vous en ai déjà parlé dans cet article sur la surface nécessaire : à mon sens il faut compter 20 m² par poule. Si vous n'avez pas cette surface à "sacrifier" pour vos poules, réfléchissez bien avant de vous lancer. Un enclos trop petit, et le sol est rapidement à nu.

Si votre terrain est trop petit, rapidement le sol se dégarnit complètement. Rien de pire qu'un poulailler avec un sol à nu : il faut alors de la paille, que vous renouvelez deux fois par an pour en faire du fumier pour le jardin. En automne, c'est le bon moment pour garnir généreusement l'enclos avant les premiers froids.
N'oublions pas la première raison d'avoir des poules : les oeufs. En automne, la production baisse souvent un peu à cause de la mue, cette période de renouvellement du plumage qui mobilise toute l'énergie de vos poules. Mais même pendant la mue, quelques poules continuent de pondre régulièrement. C'est la saison pour valoriser vos oeufs avec des recettes maison qui réchauffent.

Chasser les doryphores des pommes de terre
Si vous cultivez des pommes de terre, vous avez peut-être déjà été confronté aux doryphores, ces insectes qui mangent les feuilles et peuvent anéantir une récolte entière. Lâchez vos poules quelques heures le matin et le soir dans ce coin du jardin : elles feront un nettoyage naturel en mangeant tous ces nuisibles. Rassurez-vous, la poule n'aime pas les feuilles de pomme de terre, elle ne ruinera donc pas votre récolte.

Enrichir le terrain naturellement
Quand vous allez nettoyer le poulailler, vous récupérez des déjections dans le plateau, mais aussi de la paille ou de la cendre souillée. Tout cela peut aller au jardin, mais je vous conseille d'utiliser la litière des poules dans un compost plutôt que de l'épandre directement : les déjections fraîches sont trop riches en azote et peuvent brûler les racines. En automne, c'est le moment idéal pour garnir votre compost avant l'hiver.
Faire du bien aux arbres fruitiers en automne
En septembre, mes poules ont du travail sous les arbres fruitiers. La poule va vous aider à assainir vos arbres fruitiers !
Si vous avez des noisetiers ou des noyers, les poules vont gratter autour des noisettes pour manger les petits vers, ce qui vous permettra d'avoir une récolte de noisettes ou de noix de meilleure qualité. En automne, c'est encore plus vrai : les vers profitent des fruits tombés, et mes poules font office de barrière naturelle.

Autour des pommiers ou des poiriers, c'est pareil : si vous laissez les poules gratter le sol, ce sont autant de vers qui ne monteront pas jusqu'aux fruits. Une fois la récolte passée, la poule va vous aider à vous débarrasser des fruits abîmés. Mes poules sont friandes des prunes tombées, des pommes trop mûres et des cerises. Elles nettoient le terrain sans que j'aie à charger mon compost de déchets verts.

Moins bien pour les petits fruits
Autant la poule va vous aider à entretenir les vergers (pommiers, cerisiers, poiriers...), autant elle fera des ravages sur les pieds de fruitiers plus bas comme les fraisiers, les framboisiers et les groseilliers. Prenez soin de bien délimiter les parcelles pour éviter qu'elles mangent tout. Une clôture basse suffit souvent.
Vous aider à éliminer les mauvaises herbes
En soi, il n'y a pas de mauvaises herbes, mais il y a de grandes chances pour que vos poules raffolent des herbes qui poussent le long des bordures : pissenlit, herbes hautes, liseron... En automne, laissez-les accéder aux zones que vous comptez retourner ou replanter au printemps. Elles feront une partie du travail à votre place.

Penser à l'organisation globale du jardin
Il faut bien réfléchir à organiser votre jardin en harmonie avec votre poulailler. Ne laissez pas vos poules aller partout librement sans avoir d'abord sécurisé les zones sensibles. Par contre, si vous maîtrisez les espaces, vous pouvez les lâcher pour vous aider à certaines tâches. Dans le potager en pleine saison, c'est plutôt déconseillé. Après les dernières récoltes d'automne, en revanche, les laisser retourner la terre des carrés à la place de la fourche est une excellente idée.

Si vous envisagez d'intégrer une nouvelle poule dans le poulailler cet automne, c'est une période intéressante : les journées se raccourcissent, le rythme de ponte ralentit, et les poules sont parfois un peu moins agressives entre elles. Prévoyez quand même une quarantaine et une introduction progressive : les poules restent des animaux de hiérarchie, quelle que soit la saison.
Si vous avez des vaches ou des chevaux à proximité, la poule peut aussi passer derrière pour nettoyer les crottins : elle limite ainsi la prolifération des nuisibles en étalant les excréments, un système de filtre naturel qui enrichit le sol au passage.