La Pekin frisée, plumes en bataille et caractere de pot de colle

Publié le 12/08/2026

La Pekin frisée, plumes en bataille et caractere de pot de colle
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Je croyais avoir tout vu des Pékin quand j'ai accueilli mes deux premières naines il y a deux ans. Et puis, dans le poulailler d'une éleveuse que je visitais cet été, j'ai vu une poule que je n'avais pas identifiée au premier coup d'oeil. Même format compact, mêmes pattes emplumées jusqu'aux ongles, même façon de trottiner avec cette démarche toute particulière de la race. Mais ses plumes partaient dans tous les sens, recourbées vers l'extérieur, comme si l'animal sortait d'une tempête. C'était une Pékin frisée. J'en suis repartie avec deux poussins sous le bras.

Des plumes qui partent dans tous les sens

La Pékin frisée est une variété de la Pékin naine, reconnue dans les standards avicoles. Ce qui la distingue, c'est le gène frisé : au lieu de s'aplatir sagement contre le corps, les plumes s'enroulent vers l'extérieur et vers le haut. Le résultat donne une poule perpétuellement ébouriffée, aux contours flous et arrondis, encore plus « boule de plumes » que chez la Pékin classique. Chez moi, elles font l'objet d'une double prise systématique à chaque visite : tout le monde les remarque en premier, devant les Sussex et même devant ma Brahma. Le plumage bouclé intrigue autant qu'il attendrit, on dirait une peluche sortie d'un dessin animé.

Pour ce qui est du poids et du gabarit, la Pékin frisée est identique à la Pékin naine classique : les femelles restent autour de 600 à 800 grammes, avec le même port ramassé et la même poitrine bien avancée. Ce n'est pas une grande race modifiée, c'est bien une naine à part entière. Pour comparer précisément ses caractéristiques avec d'autres races naines ou standard avant de choisir, mon comparateur de races de poules est l'outil que j'utilise à chaque fois.

coq blanc et poule coucou perchés sur une chaise en bois dans le jardin en été

Un caractère encore plus collant que la Pékin classique

La Pékin est déjà connue pour son tempérament doux et sa tendance à venir se coller aux jambes de son propriétaire. La Pékin frisée, dans mon expérience, pousse ce trait encore plus loin. Je ne sais pas si c'est lié à la sélection ou simplement à un hasard de mes deux individus, mais mes frisées sont d'une familiarité déconcertante.

Dès le matin, elles attendent à l'angle du poulailler. Dès que j'ouvre la trappe, l'une d'elles saute sur ma chaussure et ne bouge plus, attendant manifestement d'être ramassée. Quand je m'accroupis pour nettoyer les pondoirs, elles viennent fourrer la tête dans mon bras. Ce comportement « pot de colle » est charmant les trois quarts du temps, et légèrement encombrant les dix minutes où j'essaie vraiment de travailler. Mais c'est précisément ce qui fait le caractère attachant de ces poules.

Côté cohabitation, elles s'intègrent bien à condition de surveiller le début. Leur plumage bouclé attire parfois les coups de bec curieux des autres poules. En quelques jours, la hiérarchie s'établit et les incidents disparaissent.

L'été avec une Pékin frisée : quelques précautions supplémentaires

C'est le point qui demande le plus d'attention. La Pékin frisée souffre davantage de la chaleur que la plupart des races légères, et même un peu plus que la Pékin classique : son plumage bouclé, plus volumineux et moins bien plaqué contre le corps, retient encore plus l'air chaud. Cet été, j'ai positionné un voile d'ombrage directement au-dessus de leur coin de parcours dès que les prévisions annonçaient 30 degrés ou plus. L'eau est renouvelée matin et soir sans exception.

Autre contrainte propre à la variété frisée : les plumes n'imperméabilisent pas correctement. Lors d'une averse, une Pékin frisée se retrouve trempée beaucoup plus vite qu'une poule à plumage normal, car les plumes recourbées ne forment pas un toit. En été, les orages de fin d'après-midi peuvent surprendre. J'ai appris à laisser la porte du poulailler entrebâillée par temps de ciel changeant pour qu'elles puissent se mettre à l'abri d'elles-mêmes. Elles le font naturellement, plus vite que mes autres races.

Pour les soins en période de canicule, j'applique les mêmes gestes qu'avec toutes mes poules à plumage abondant : accès permanent à l'ombre, eau fraîche en plusieurs points, pastèque et concombre en milieu de journée. Les Pékin frisées viennent réclamer leur part même sous la chaleur. Tous les gestes à adopter sont détaillés dans mon article sur protéger les poules de la chaleur en été.

Ce que j'ai retenu après un premier été avec elle

La Pékin frisée n'est pas une race pour quelqu'un qui veut avant tout des oeufs. Elle pond de petits oeufs beige clair, environ 80 à 100 par an selon les souches, et entre facilement en couvaison plusieurs fois entre le printemps et l'été.

Ce qu'elle offre, en revanche, c'est une présence peu commune dans une basse-cour. Elle est facile à apprivoiser, ne fait pas de bruit excessif, n'abîme pas le jardin plus qu'une Pékin classique, et son gabarit compact la rend compatible avec des espaces réduits. Elle se distingue des autres races dans la rubrique races de poules précisément parce qu'elle cumule l'ornement et la familiarité à un degré rarement atteint.

Son plumage bouclé demande un suivi plus régulier par temps humide, et elle supporte moins bien la chaleur qu'une race légère à grande crête. Mais avec un coin d'ombre permanent, de l'eau renouvelée deux fois par jour et quelques fruits d'été pour l'occuper en pleine canicule, elle passe l'été sans difficulté. Si vous cherchez une poule naine d'ornement au tempérament hors du commun, la Pékin frisée mérite vraiment qu'on s'y intéresse.