C'est une race que je n'avais pas prévue. Je cherchais une poule originale, capable de s'intégrer à mon troupeau sans prendre trop de place. J'ai apercu des poules Pékin dans un salon avicole, et j'ai été incapable de repartir sans en ramener deux. Ce petit gabarit, ce plumage qui couvre les pattes jusqu'aux ongles, cette facon de trottiner en se dandinant : on a du mal à imaginer que c'est bien une poule, tellement l'animal ressemble à un jouet de plumes. Et pourtant, depuis deux ans que j'en élève, la Pékin est devenue ma race de coeur.
Un gabarit qui surprend et qui charme
La poule Pékin est une vraie naine : elle ne dépasse pas 600 à 800 grammes pour les femelles, avec un port très compact, la poitrine bien avancée et la queue relevée vers l'arrière. Ce qui frappe en premier, c'est le plumage. Des plumes partout, y compris sur les pattes et les doigts, ce qu'on appelle le vultureux dans le jargon avicole. Ce duvet dense lui donne une silhouette ronde, presque sphérique, qui ne cesse jamais de charmer les visiteurs. Mes enfants l'ont immédiatement adoptée : une poule Pékin se laisse porter sans résister, reste là à glousser doucement dans les bras et ne manifeste aucune agressivité. C'est probablement la race la plus douce que j'aie gardée jusqu'à présent.
Il existe une grande variété de coloris reconnus : noir, blanc, fauve, perdrix, coucou, bleu... C'est une race ancienne, originaire de Chine, introduite en Europe au XIXe siècle et bien établie dans les basses-cours françaises. Sa morphologie est sans ambiguïté : la Pékin est une naine vraie, et non une version réduite d'une race standard. Pour comparer ses caractéristiques avec d'autres races avant de choisir, j'utilise mon comparateur de races de poules.
Une pondeuse modeste mais régulière
Si vous cherchez une grande productrice, ce n'est pas la Pékin qu'il vous faut. Elle pond de petits oeufs beige clair, entre 80 et 120 oeufs par an selon les souches et les conditions. En revanche, elle est souvent très couveuse : mes poules Pékin entrent en couvaison plusieurs fois par saison dès le printemps, et elles font d'excellentes mères si on leur laisse mener des poussins. Pour qui veut multiplier son troupeau naturellement, sans incubateur, c'est un atout réel.
Une chose que j'avais sous-estimée : la ponte marque le pas plus tôt dans la saison que chez mes Marans. Dès que l'été s'installe, la production baisse sensiblement lors des fortes chaleurs. Ce n'est pas surprenant : la Pékin n'est pas une race taillée pour la production intensive, mais pour le plaisir de l'élevage. Si vous hésitez encore sur le format idéal pour votre basse-cour, mon article sur les différences entre poule naine et poule normale détaille tous les critères à peser.

L'été avec des Pékin : chaleur, ombre et pattes emplumées
C'est le point qui m'a demandé le plus d'adaptation. La poule Pékin supporte moins bien les fortes chaleurs que la plupart des races légères. Son plumage dense devient un handicap dès que le thermomètre dépasse 30 degrés. Cet été, j'ai positionné un grand parasol au-dessus de leur coin de parcours, renouvelé l'eau deux fois par jour et glissé des morceaux de pastèque en milieu d'après-midi. Les poules à plumage abondant comme la Pékin sont parmi celles à surveiller pendant les pics de chaleur : j'ai décrit les symptômes et les gestes à adopter dans mon article sur le coup de chaleur chez la poule.
Autre contrainte : les pattes emplumées. Par temps sec, pas de problème. Mais après une averse ou quand la rosée du matin est abondante, les plumes de pattes s'imbibent d'humidité et peuvent coller de la boue jusqu'aux ongles. J'inspecte régulièrement les pattes, surtout en début d'automne, pour éviter que les plumes humides ne favorisent les irritations cutanées. En été, quand le parcours est sec, la Pékin s'en sort sans difficulté.
Mon bilan après deux étés avec elle
J'ai gardé plusieurs races depuis que j'ai commencé l'élevage : des pondeuses efficaces, des races rustiques pour l'hiver, des races dociles pour les enfants. La Pékin réunit deux qualités rarement trouvées au même degré dans une seule race : la facilité de contact et le format vraiment compact. Elle convient parfaitement à un jardin de taille moyenne, ne détériore pas le parcours autant qu'une race standard, et n'est pas bruyante. Sa place dans la rubrique races de poules est amplement méritée.
La poule Pékin n'est pas la race la plus productive, ni la plus facile à entretenir par temps humide. Mais avec quelques précautions simples en été, notamment un point d'ombre permanent et de l'eau fraiche renouvelée régulièrement, elle vit très bien dans une basse-cour familiale. Elle donne peu d'oeufs, c'est vrai. Mais elle donne beaucoup d'autre chose : cette facon de trottiner jusqu'à vos pieds pour réclamer un peu d'attention, ce contact doux qu'aucune autre de mes poules n'a au même degré. Mon coup de coeur, sans hésiter.